Voyage à ANJOUAN
Un jour de retard sur le planning prévu, l'aviation civile Anjouanaise est en grève, nous partirons demain, vendredi 2/05.
Un peu d’histoire
.........avant la collecte d’informations, de sensations et de ressentis sur l’ile :
Aux environs de 1500 est fondé le sultanat de Ndzuwani, qui englobe toute l'île. L'île devient protectorat français en 1886. En 1912, la France annexe les îles des Comores. Anjouan devient alors une colonie française, puis un territoire d'outre-mer (TOM).
Par le référendum du 22 décembre 1974, Anjouan choisit l'indépendance vis-à-vis de la France (à l'inverse de Mayotte) et son intégration dans la nouvelle République fédérale islamique des Comores (RFIC).
Depuis l'indépendance, l'archipel subit de nombreux troubles et ne parvient pas à trouver le chemin de la démocratie. Il fait l'objet de coups d'État violents et de prises de main expéditives, soutenues au passage par des mercenaires comme le Français Bob Denard, ultérieurement arrêté et condamné …… (avec du mal….et de la mauvaise foi !!) par la France. Pour faire court, les Comores ont subi plus de 20 coups d'État ou tentatives de coups d'État depuis l'accession à l'indépendance de la France en 1975 :
Le pouvoir sur l'île passe aux mains d'un Foundi (Le Maître) Abdallah Ibrahim, non francophone, âgé de 80 ans, qui confira le pouvoir à Abeid qui sera écarté par un coup d'État de la gendarmerie au profit de Bacar……qui échappera à plusieurs coups d'État dont un mené par Abeid….. je fais simple !!
Bref, comme toujours, la population trinque et de nombreux Comoriens d'Anjouan et Mohéli tentent, dans l’indifférence internationale, de rejoindre Mayotte dans des embarcations de fortune, les kwassa-kwassa, entrainant, au passage, la mort de nombreux naufragés
Pour résumer...., Bacar prend le contrôle de la capitale d'Anjouan en mai 2002 et devient pour la première fois président d'Anjouan .Il cherche à obtenir l'indépendance de l'île. Il sera réélu à la présidence de l'île d'Anjouan en 2007. Le gouvernement de l'Union des Comores estime que le scrutin s'est tenu dans l'« illégalité totale » et l'élection n'est pas reconnue par l'Union africaine (UA). Résultat ; rébellion, morts….Une fois de plus !!
En 2008, le président des Comores, Ahmed Abdallah Sambi lance un assaut contre l'île d'Anjouan .Le débarquement a lieu le 25 mars 2008 ; la capitale tombe dans la journée et le colonel Bacar prend la fuite à Mayotte où il demande l'asile politique. L'asile en France lui a été définitivement refusé mais son renvoi aux Comores a été exclu malgré la demande du gouvernement Comorien. Il ne sera donc pas jugé pour assassinat et dictature…..encore un ! Merci la France !! Il réitère son souhait de vivre en France, à Nantes, où vivent sa femme et ses cinq enfants…..il y arrivera, nous avons une longue tradition en ce domaine ! Moussa Toybou, un ingénieur des travaux publics peu connu sur la scène politique comorienne succéde à M. Bacar, et depuis 2010, le président de la république est Ikililou Dhoinine , connu pour népotisme et détournement de fond .
Un peu de géographie :
Les Comores se trouvent dans le canal du Mozambique, au NO de Madagascar et face au Mozambique.
Composées de quatre îles : Grande Comores, Mohéli, Anjouan et Mayotte, elles couvrent une superficie de 2 236 km
Ce sont de petites iles, pour avoir un point de comparaison, Anjouan est de la taille d’Ibiza, mais très peuplées pour la superficie, il y a 250 000 habitants à Anjouan. Toutes les îles sont des îles volcaniques mais il n’y a plus que le volcan de Grande Comores qui est en activité. Le point culminant d’Anjouan est à 1595 mètres. Ce sont des îles rocheuses et verdoyantes composées de forêts de palmiers sur la côte, puis de cultures et forêts sur les hauts.
Anjouan est la deuxième île de l’archipel des Comores. Avec son paysage formé de montagnes, ses chutes d’eau, sa végétation verdoyante, l’île permet d’offrir des nombreuses possibilités de ballades. La faune et la flore présentent une très grande richesse mais est en grave danger. On peut y découvrir des orchidées, des chauves-souris géantes en voie de disparition, des fougères arborescentes, etc...
Les habitants sont d’origine Swahili ; La conception des villes est centrée sur une médina, labyrinthe de ruelles, la religion est omniprésente : pratiquement tout le monde est musulman.
Un peu d’économie :
Les Comores font partie des Pays les Moins Avancés, les plus pauvres de la planète, le huitième pour être exacte derrière la Sierra Leone, l’Ethiopie, la Somalie, le Cambodge, la RD du Congo et le Rwanda .Je n’ose imaginer les 7 précédant !. Le pays est fortement dépendant de l’agriculture générant la quasi-totalité des recettes d’exportation (98%). Ces dernières sont constituées essentiellement de trois produits bruts et semi-finis ; la vanille, le girofle et les huiles essentielles d’ylang-ylang.
Malgré des eaux riches en produits marins la pêche artisanale ne parvient pas à subvenir aux besoins de la population.
L'île abrite le port hauturier de Mutsamudu et l'école des pêches.
Surnommée Johana, ou la "Perle des Comores", cet île de l'archipel est aussi son grenier; L'île d'Anjouan est la principale zone de production agricole mais elle importe la quasi-totalité des produits de base, de la boîte d’allumettes au riz, aliment principal des Comoriens, des ustensiles de cuisine et tissus provenant principalement de Dubaï et d’Arabie Saoudite, au poisson séché de Madagascar.
Anjouan est donc fortement dépendant de ses importations. Le secteur privé est largement dominé par le commerce de produits importés
La production des fruits et des légumes est importante et des exportations ont lieu vers Mayotte. On cultive également un peu de riz, mais très insuffisamment pour l'autosuffisance.
Le manque d’infrastructures et de qualification de la main d’œuvre est récurrent
Ce manque de diversification et l’insuffisante productivité de l’économie anjouanaise constituent un obstacle pour le développement du pays.
Le tourisme est absent.
Le système économique comorien fonctionne grâce à trois leviers : les exportations de produits agricoles de rente, l’aide internationale et les transferts de fonds privés issus de la diaspora comorienne principalement de France métropolitaine et des migrants anjouanais de Mayotte. Séparée d’environ 70 km de mer de Mayotte, les habitants d’Anjouan risquent leur vie pour avoir un meilleur niveau de vie. Ce qui d’une part est déstabilisant pour l’économie anjouanaise qui voit partir une main d’œuvre jeune et masculine, mais qui permet l’envoie de transferts pour les familles de migrants et ouvre des opportunités de commerce entre les îles. Ces transferts représentent presque autant que les recettes de l’Etat. Ces vingt dernières années, les Comores ont enregistré des taux de croissance négatifs, aggravant le niveau de vie de la population, d’autant qu’on a pu constater une diminution de l’aide publique internationale.
La population comorienne est très jeune : plus de la moitié a moins de 20 ans.
Anjouan est une île bien différente de Mayotte et de la Grande Comores. Les reliefs y sont plus vigoureux qu’à Mayotte, les traces du passé du sultanat sont encore présentes à Mutsamudu et Domoni, la population y est plus accueillante que l’idée qu’on s’en fait à Mayotte…
Ce voyage s'appuie sur une ONG bien implantée à Anjouan : Dahari, qui mène une action très efficace dans le domaine de l’agro écologie (adoption de pratiques culturales permettant d’améliorer le revenu des exploitants tout en préservant l’environnement).
Nous découvrirons les plus beaux paysages de l’île tout en privilégiant les rencontres dans certains villages. Ce voyage alterne randonnées et déplacements en minibus.
Le niveau de prestation hôtelière n’est pas comparable aux standards occidentaux. L’eau chaude n’est pas dans tous les hôtels et quelquefois même il n’y a pas beaucoup de débit au robinet .l’électricité dérape souvent. Le petit déjeuner y est souvent frugal.
Notre programme
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jour |
programme |
hébergement |
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2/05 |
Installation hôtel / présentation du programme de la semaine et de l’ONG / change argent Ap-midi : départ pour Bimbini / île de Selle |
Bimbini , chez l’habitant |
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3/05 |
Visite de l’ancienne mosquée de Sima / Logoni (cascade, barrage hydro electrique,usine coloniale) / repas communautaire à Kowé Ap-midi : Plage Moya |
Moya |
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4/05 |
Visite des dortoirs de roussettes Livingstone / repas communautaire à Adda / visite de parcelles de démonstration / film Ismaël |
Adda |
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5/05 |
Visite de la mosquée et remparts de Domoni / visite de Domoni / déjeuner pique-nique Randonnée lac Dzialandzee |
Domoni |
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6/05 |
Bambao (ancienne sucrerie, cascade d’Ongoni, ancien palais du sultan) Ap-midi : rien |
Domoni |
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7/05 |
Visite du village de Djimilimé et son école Ap-midi : visite citadelle de Mutsamudu et CNDRS . |
Mutsamudu le Papillon |
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8/05 |
visite de la médina de Mutsamudu et son marché. départ pour l’aéroport |
L’ONG Dahari propose le tourisme durable:
Dahari se propose d’accompagner les communautés locales motivées dans la gestion durable des ressources naturelles. Nous avons pu rencontrer les acteurs locaux des différents projets dans les villages d’intervention, mesurer leurs implications et toucher du doigt quelques réalités. Au travers de ces nombreuses visites, nous avons pu dialoguer avec la population et mesurer la qualité des liens établit de Dahari avec les agriculteurs.
L’éco tourisme génère des revenus qui seront réinvesti sur le terrain.
La force de Dahari repose surtout sur son équipe, constituée d’agronomes immergés dans les communautés, comme Badrou par exemple qui réside 4 jours par semaine dans les villages pilotes, ainsi que des spécialistes de la biodiversité, Ishaka et Amélaid, qui ont su nous faire partager leurs connaissances et être à notre écoute .
Un voyage haut en émotion
PREMIER JOUR
Bimbini et l’ile de selle
Bimbini, nom donné par les colons : valet + lieu
Candidate au patrimoine mondial de l’UNESCO
La zone marine et côtière de la presqu’île de Bimbini à Anjouan abrite une biodiversité riche, à la fois au niveau des écosystèmes (mangrove, récifs coralliens frangeants développés, plages autrefois utilisées par les tortues comme sites de ponte.) Ok
Récif corallien, nous n’avons pu le voir
Mangrove, je n’ai pu que constater une abondance de déchets provenant des ordures ménagers : rejets des sachets plastiques, couches, étoffes diverses et variées….ce qui asphyxient les pneumatophores, accélèrent le blanchissement des coraux, modifient l’environnement marin (faune aquatique, baisse des apports en eau douce….)
Les tortues, cela fait des années que les locaux en ont vues, elles ont toutes été braconné
Les plages sont jolies, sans conteste
Le village, authentique
Les sourires des locaux et l’hospitalité , chaleureux
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DEUXIEME JOUR
Visite de la mosquée de Sima
C’est la plus ancienne mosquée de l'archipel qui date du XI siècle. Sima est la première capitale du sultanat d’Anjouan, cette mosquée est attribuée au sultan shirazi Hassan XVe siècle
......pas grand intérêt pour moi
Lingoni (cascade, barrage hydro électrique, usine coloniale)
La consommation d'énergies commerciales par habitant est bien en dessous de la moyenne mondiale, ce qui confirme la prépondérance des combustibles ligneux…..et la déforestation
L’accès à l’électricité reste encore difficile pour la majorité des ménages, en raison essentiellement de la limitation du réseau et du coût élevé par rapport aux revenus des ménages. 25% seulement des foyers sont raccordés au réseau électrique
Les populations notamment rurales, éloignées des réseaux de distribution électrique, ont peu de chance d'y être raccordées avant de nombreuses années compte tenu des faibles capacités d'investissement pour l’extension des réseaux et du coût du kilowattheure, un des plus élevés de la sous-région Océan indien
Mais, il existe deux micro centrales hydro-électriques, dont celle, vétuste, de Lingoni .
Edifices coloniaux :
Le sultan Salim a cédé Pomoni au premier consul britannique et planteur Monsieur Standley , pour la création de la première société coloniale d’Anjouan.
Nous avons visité les vestiges de la première fabrique de sucre et d’autres vestiges d’édifices coloniaux, comme le magasin de la marine construit avec de l’argile, de la chaux , du sable et….du jus de canne. Ce batiment se situe dans la région de Pomoni , verdoyante et alimentée de plusieurs ruisseaux qui prennent leur source depuis le lac Dzialandzé. L’intérêt est que le lagon de Pomoni offre aux bateaux des entrées en eaux profondes qui, jadis, servait de port d’esclaves.
Nous avons ensuite pris notre premier repas communautaire
Au menu : Zilo (riz),mataba ( j’adore! , ce sont des feuilles de manioc cuites dans du lait de coco), chari ( papaye avec du piment), mania (viande).
Emotion, ces personnes ont vraiment mis tout leur cœur pour nous offrir ce repas ; Accueil chaleureux.
Direction Moya :
Jolie petite plage, toute propre, impression de liberté, de bien être, de sérénité. Contraste. Notre petite structure hôtelière surplombait cette jolie petite plage de sable…..non pillé. Nous y avons superbement mangé.
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TROISIEME JOUR
Visite des dortoirs de roussettes Livingstone à Gambeya
La roussette de Livingstone est une espèce endémique, nocturne, qui s’installe sur certaine essences d'arbres, en altitude, entre 500 et 1.200 m, recherchant la fraicheur et tentant d’échapper à l’action humaine qui détruit son gîte .Sa période de gestation est de 3 mois et allaite son petit pendant 6 mois ; elle reste sur place et ne s’envolera pour se nourrir qu’entre 9 mois et 2 ans. Son prédateur est le corbeau….et naturellement l’homme. Sa population est estimée à 900 individus seulement, elle est menacée d'extinction.
Les paysages que nous avons traversés pour se rendre au dortoir de Wenmania sont d’une beauté exceptionnelle : contraste mer-montagne, pentes abruptes et accidentées couvertes de végétations exubérantes, ….et transformés en un gigantesque jardin. Les zones forestières sont touchées de plein fouet par l'action brutale des hommes qui procèdent à l'abattage des arbres. Ces effets négatifs ont leur origine dans l'accroissement de la pression démographique. Il s'agit essentiellement de phénomènes informels de défrichement. Il en résulte que certaines espèces endémiques d’arbres sont devenues rares, voire introuvables, une expansion considérable des terres cultivables, une modification de l’intensité lumineuse qui arrive au sol et une minéralisation rapide de la couche humifère. Les parcelles sont nettoyées par le feu pour y développer des cultures de plein champ.
La plupart des forêts appartiennent au domaine de l’État, mais puisque ce dernier n’a ni la volonté, ni la motivation ou les moyens financiers et humains d’exercer son droit de propriété, ce sont alors les villageois des villages périphériques qui gèrent de façon informelle les forêts qui se trouvent dans leur terroir... C’est l’anarchie
Pour tenter de sortir de cette situation, Dahari , notre ONG ,accompagne, éduque , stimule les agriculteurs en leurs proposant des techniques adaptées : Lutter contre la déforestation et préserver la roussette tout en contribuant à élever le niveau de vie des habitants.
Les roussettes ont un rôle essentiel dans l’écologie des forêts. « Elles contribuent, à la régénération de la forêt par pollinisation des fleurs et rejet des grains après avoir mangé des fruits », fait remarquer Ishiaka …………et participent à l’économie du pays
Repas communautaire à Adda
Au menu : Chaoulachamaniaou et comme dessert de l’obowatahani (farine de riz avec un soupçon d’anis)
Un grand merci à ces femmes qui vivent dans le dénuement le plus complet.
Visite de parcelles de démonstration
Badrou nous a fait visité des parcelles de démonstration afin de fixer les habitants près des villages et éviter la déforestation de la forêt primaire .Son action porte sur l’apprentissage de techniques permettant d’éviter l’érosion et l’extension des padzas tels le travail en terrasses ,la rotation des cultures et l’apport de fumier. L’ONG finance une vache qu’elle donnera à un paysan choisi pour sa motivation, et ce, jusqu’à ce qu’elle vêle .Le veau lui appartiendra et la vache passera à une seconde main.
Son travail nous est également illustré au travers d’un film projeté nous racontant l’histoire, vraie, d’Ismaël.
Ismaël était candidat à l’exode. A 6 reprises, il tentera la traversée en kouassa kouassa pour Mayotte .Tentatives échouées, il sera intercepté 3 fois en mer et 3 fois sur le territoire de Mayotte .Avec une femme, 6 enfants et plus d’économie en poche, Ismaël n’a plus d’autre choix que de trouver un moyen de subsistance sur place. Il hérite de sa mère d’un padza et consulte les sages de son village pour comprendre pourquoi la terre est devenue stérile .Il entre alors en contact avec Badrou, représentant de Dahari, qui le conseille et le suit très régulièrement sur le terrain. Sa récolte est florissante et peut nourrir et scolariser ses enfants.
Gros revers : comme la terre est devenue fertile, ses frères la lui réclament …..Ismaël refuse et est, à l’heure actuelle en prison.
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QUATRIEME JOUR
Visite de Domoni ; mosquée, médina
Domoni est l’ancienne capitale et fut le siège des sultans jusqu’à son transfert à Mutsamudu. Domoni est également présentée comme étant la ville par laquelle la culture arabe est arrivée sur l’ile. Ville royale fondée au XIe siècle, jusqu’au XVIIIe siècle puis ville présidentielle d’Ahmed Abdallah dont la mission était d’obtenir l’indépendance de l’archipel.
Domoni a la particularité d’être protégée par des remparts dont les vestiges sont toujours visibles servant de protection lors des attaques de pirates malgaches, d’abriter une mosquée qui posséde deux mihrabs. On verra également une mosquée chirazienne ,des anciens palais princiers du XVII et XVIII e siècle (bien destroye !! Comme toute la ville!), le mausolée du président Ahmed Abdallah et son palais royal
Randonnée lac Dzialandzee
Le chemin nous menant au lac est un jardin superbe (malgré cette constante vision de défrichage) et diversifié .Le lac Dzialandzee est niché au fond d’un cratère, au centre de l’ile avec vue sur le mont Ntrigui, point culminant d’Anjouan à 1595m.
Nous parcourons les derniers mètres avant son apparition, en contemplant des fougères arborescentes. Atmosphère impavide et sereine.
Ce lac conte une légende :
3 enfants, en se promenant, tuent des oiseaux, ce qui provoque la colère des djinns. Les enfants se perdent et 2 d’entres eux se noient. Le troisième devient déséquilibré .Une des maman, inquiète, consulte alors le fundi du village qui demande de tuer, en sacrifice, une vache. La cérémonie passée, le survivant est retrouvé et guéri.
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CINQUIEME JOUR
Bambao (ancienne sucrerie, cascade d’Ongoni, ancien palais du sultan)
Visite de l’ancienne sucrerie…..pas grand intérêt pour moi et ce, pour diverses raisons :
La visite de l’usine sucrière effectuée à Mayotte était à la fois plus parlante et similaire à celle d’Anjouan. Plus parlante car les vestiges de Mayotte sont en meilleures conservations
Similaire car son histoire l’est.
L’intérêt, pour ma part, était en face : côté mer.
Sur la plage, de nombreux tas de sable, résultat d’un pillage de matière première pour la construction de bâtiments, (compréhensif ! mais inapproprié)
Les enfants, venus, curieux, nous voir. Leurs sourires, leur timidité, peu à peu apprivoisés, leurs jolis visages, ravis et impressionnés, quelques échanges succins, marquants. En guenilles, ils ont couru derrière notre véhicule lors de notre démarrage .moment fort !
Cascade d’Ongoni et sa centrale thermique :
La centrale est …..vétuste, le mot est faible et bonjour les fuites !!, notre guide nous disait qu’il venait, étudiant dans les années 60, à Ongoni pour réviser car ce fut le premier site électrifié d’Anjouan qui plus est, gratuit.
Juste l’occasion de toucher un mot sur l’électricité à Anjouan.
Électricité ….ou pas,
L’EDA se porte bien, l’entreprise a amorcé, ces dernières années, une remontée remarquable, les banques suivent, le vol de gasoil est combattu, le taux de croissance des abonnés est vertigineux ( Ewa, parti de zéro…) bref , tout va bien , pour le meilleur des mondes .
Et pourtant : l'EDA (Electricité d'Anjouan) pratique un système de délestage. Une nuit sur trois ses clients sont privés d'électricité de 18 H à 22 H….officiellement !
Et pourtant, beaucoup d'agents d’EDA ont eu la désagréable surprise de constater l’amputation de leurs salaires « La décision de cette réduction vient de la présidence de l'île ». L'étonnement est grand chez les agents qui ont du mal à comprendre qu'une Société qui assure un recouvrement de plus de 70 millions par mois (les factures sont mensuelles) n'arrive pas à honorer régulièrement les salaires de 16 millions mensuel de ses travailleurs……
Et pourtant, sur 87 villes et villages que compte l’ile, 12 ne sont pas encore raccordés au réseau. .
Ewa ! Une société dans laquelle l’Etat injecte tous les ans des sommes énormes sans aucun droit de regard dans sa gestion et son fonctionnement…………
Palais du sultan de Bambao
Un passé historique riche, sans aucun doute, mais que subsiste il ? Un délabrement total !
Oui le climat tropical est humide, oui les propriétaires manquent d’intérêt pour la conservation du patrimoine, …………mais la population est si pauvre que le moindre matériau est une aubaine !
Le palais du sultan de Bambao est situé dans un parc. Construit au XIXe siècle, par Abdallah III qui développa dans la région, une plantation de canne à sucre. Avant ce délabrement, le site devait être splendide : palais entouré de potagers et vergers et de fleurs dominant la région sur sa colline, face à la mer
Ce monarque gouverna toute l’île à partir de 1848 et fit construire des raffineries d’essence d’ylang ylang et de jasmin.
Nous devions visiter une distillerie d’ylang ylang , mais la personne en charge du dossier ( il faut un dossier !) nous en a refusé l’accès par crainte d’espionnage …original non ?
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SIXIEME JOUR
Visite du village de Djimilimé et son école
Djimilimé est un village désenclavé depuis 2 ans. Nous y visitons une école. Choc
Les enseignants ont d’énormes difficultés à enseigner avec rien .Rien , c’est 3 élèves pour 2 places assises, 1 livre pour 10 élèves, les fournitures achetées , quelques fois , par les enseignants eux-mêmes, documents usés, pas de formations continues pour les enseignants bien évidement , 40 à 50 élèves par classe selon les niveaux ( en CM2 , l’effectif est plus restreint)
Cette école accueillait 600 élèves. Par soucis d’adaptation, le travail s’effectue par rotation, comme à Mayotte. Une rotation de 7H à 12H et l’autre de 13H30 à 17H30.
La maternelle accueille des enfants à partir de 5 ans et l’on y enseigne l’arabe, le comorien et le français .L’enseignement se fera exclusivement en français dès le CP.
Les élèves d’école primaire passent un examen d’entrée en sixième.
Ce fut un moment fort de mon voyage ; voir ainsi la motivation de ces instituteurs, désirant faire le mieux possible. Un d’eux, me disait avoir un CAP et s’être formé, seul, pour donner le meilleur à ses élèves, Dans sa classe, il a fait chanté ses élèves (l’hymne nationale) en notre honneur, un de ses collègues a demandé un volontaire pour réciter une poésie .Dans la cour de la récréation, un professeur m’a rattrapé pour me monter, fier, les évaluations de ses élèves.
Les vacances sont de juin à octobre.
Détail …..L’école n’est pas obligatoire, certains parents n’ont pas les moyens de payer les frais d’inscription, certains parents choisissent un enfant parmi la fratrie.
Quoi de plus facile pour conserver l’ignorance de son peuple et en faire des marionnettes !
J’ai vraiment eu l’impression que notre visite leur a fait plaisir, mais quelle leçon de vie ces instituteurs m’ont donné !
Ap-midi : visite de la citadelle de Mutsamudu
Construite par le sultan Abdallah Ier au XIXe siècle. La vieille ville de Mutsamudu possède une citadelle construire de 1782 à 1789 sur la colline qui domine la ville. Cette forteresse est entourée d'une muraille crénelée et percée de meurtrière flanquée d'un donjon de deux tours carrées .Nos guides étudiants nous ont accueilli avec des fleurs et chansons
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SEPTIEME JOUR.
Visite de Mutsamudu avant notre départ
Mutsamudu, petite cité maritime du XIVème siècle, est une ville très condensée, avec des ruelles très étroites, enchevêtrées et parfois couvertes. La vieille ville ou Médina comprend un ensemble de bâtiments d'habitation et de commerce, des palais princiers, des lieux de culte et des tombeaux de personnages politiques ou religieux .Les riches demeures sont dotées de portes sculptées de motifs géométriques. Les édifices ont subi diverses modifications, depuis leurs établissements à partir de XIVème siècle. Les palais réunissent toutes les caractéristiques architecturales traditionnelles dont de magnifiques poutres sculptées.
L’ensemble est malheureusement décrépit